Jan 31

La Société Générale, fragilisée par des pertes colossales dues en partie au trader Jérôme Kerviel , reste à la merci d’un rachat par une concurrente, le scénario d’un rapprochement avec la BNP Paribas ayant les faveurs de Paris car il permettrait d’éviter une OPA étrangère.

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La BNP Paribas, première banque française par la capitalisation boursière, a reconnu la première, jeudi, qu’elle s’intéressait à sa rivale de toujours.

L’Etat français a multiplié les déclarations hostiles à un rachat étranger de la Société Générale, plongée dans la crise après des pertes de 7 milliards d’euros, dont 4,8 imputées par la banque à une “fraude” de M. Kerviel.

Dans ce contexte, le scénario d’un rapprochement avec la BNP Paribas, permettant de créer un géant national, qui se hisserait en outre au deuxième rang européen, a clairement les faveurs des autorités françaises.

Interrogée pour savoir si la BNP Paribas travaillait à un projet de rachat de la Société Générale, une porte-parole a répondu: “On réfléchit simplement parce que toute l’Europe réfléchit”.

Le journal économique Les Echos a affirmé jeudi, en citant une “source proche” du dossier, que la banque s’était entourée de conseils pour travailler au projet de rapprochement avec la Société Générale.

Le président du conseil d’administration de BNP Paribas Michel Pébereau aurait été reçu “récemment” à la présidence par les deux principaux collaborateurs du président Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et François Pérol.

La porte-parole de BNP Paribas a affirmé qu’il s’agissait d’une rencontre prévue de longue date qui n’avait rien à voir avec la Société Générale.

Le PDG de cette dernière, Daniel Bouton , dont M. Sarkozy avait réclamé à demi-mots la démission, a été maintenu mercredi par son Conseil d’aministration, mais en étant encadré d’un “comité spécial” de trois hommes pour gérer la crise.

Il a redit sa volonté de défendre, comme il l’a fait en 1999 contre la BNP, l’indépendance de sa banque. Il a affirmé mercredi soir que la banque avait les moyens de rester indépendante “puisque les capitaux sont là” et qu’elle est toujours “bénéficiaire”.

Pour autant, la Société Générale apparaît plus que jamais comme une cible pour un prédateur, étranger ou français, sa valeur boursière atteignant 37,4 milliards d’euros jeudi, un montant un peu supérieur à ses capitaux propres (34,4 milliards à fin juin).

Comme possibles candidats à un rachat, les noms des banques anglaises Barclays, HSBC, de l’espagnole Banco Santander, de l’Allemande Deutsche Bank ou encore de l’Italienne UniCredit ont le plus souvent circulé.

Henri Guaino, conseiller de M. Sarkozy, a répété jeudi que “l’Etat ne restera pas les bras croisés et indifférent”. “On ne laissera pas à la merci de n’importe quel prédateur cette entreprise”, a-t-il déclaré.

Le président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker a mis en cause le patriotisme économique français. “Si quelqu’un vient, d’amical, ayant un beau projet économique à proposer, pourquoi le refuser? Seulement parce qu’il n’est pas français?”, s’est interrogé M. Juncker, pour qui cette attitude “n’est plus de notre temps”.

La veille, la France s’est fait rappeler à l’ordre par la Commission européenne qui l’a appelée à traiter de manière égalitaire tous les candidats à un éventuel rachat.

“L’Etat interviendra s’il le juge nécessaire”, a répliqué Henri Guaino, en soulignant que la France ferait ce que “tous les gouvernements d’Europe” feraient en cas d’”attaque” sur leur système bancaire.

L’enquête judiciaire, qui a conduit lundi à l’inculpation de M. Kerviel pour notamment “abus de confiance” se poursuivait jeudi. Les procédures de contrôle au sein de la banque ont été pointées du doigt. Le secrétaire général de la Société Générale, Christian Schricke, a été entendu en tant que partie civile par les juges financiers.

Source : Yahoo.fr