Feb 22

Jérôme Kerviel, le trader auquel la Société générale impute une perte record de 4,9 milliards d’euros, a été entendu une troisième fois par les juges d’instruction, juste après un courtier avec lequel il a traité, Moussa Bakir, apprend-on de source judiciaire.

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Rien n’a filtré dans l’immédiat sur les déclarations du jeune homme, en détention depuis le 8 février et mis en examen depuis le 28 janvier pour “faux, usage de faux, abus de confiance, introduction dans un système de traitement automatisé de données”.

Les juges Renaud Van Ruymbeke et Françoise Desset avaient entendu juste avant lui, dans la matinée, Moussa Bakir, courtier d’une filiale de la Société générale interrogé puis blanchi précédemment.

Ce dernier a conservé le statut de témoin assisté, décidé par les juges le 9 février après deux jours de garde à vue à la police financière. Ce statut suppose que ne pèse sur lui aucune charge.

La recherche d’éventuels complices de Jérôme Kerviel est donc toujours infructueuse mais les juges s’intéressent à des dialogues sur messagerie informatique entre les deux hommes versés à la procédure par la Société générale.

Ils semblent montrer que Jérôme Kerviel parlait avec Moussa Bakir de ses transactions litigieuses, en s’inquiétant des conséquences. Ils ne font cependant ressortir aucun acte de Moussa Bakir qui induirait une complicité.

“Le travail de justice effectué par deux magistrats impartiaux a permis de conformer que mon client a respecté toutes les règles, qu’il n’avait connaissance d’aucun agissement anormal et n’a concouru à la commission d’aucune infraction”, a dit l’avocat de Moussa Bakir, Jean-David Scemama, à Reuters.

Moussa Bakir, qui travaillait pour l’ancienne Fimat, devenue Newedge, a réalisé pour le compte de Jérôme Kerviel certaines des transactions litigieuses, qui ont abouti, lors du déblocage des positions par la banque entre le 21 et le 23 janvier, à une perte de 4,9 milliards d’euros.

L’enquête montre aujourd’hui que les faits sont complexes, car Jérôme Kerviel, qui opérait de manière litigieuse depuis 2005, avait pris des positions très importantes depuis début 2007. Malgré des alertes successives, la banque assure ne s’être aperçue de rien.

Jérôme Kerviel a, avant d’être dénoncé, réalisé un gain de 1,4 milliard d’euros en liquidant ses positions fin 2007, avant que la poursuite de ses manoeuvres ne conduise la banque à la perte nette de 4,9 milliards.

Me Scemama s’interroge indirectement sur le placement en détention de Jérôme Kerviel et l’utilisation de son client dans les procédures concernant ce litige.

Le 8 février, jour où la cour d’appel examinait la demande du parquet de placer en détention Jérôme Kerviel, l’identité et même la photo de Moussa Bakir, employé de la Société générale, ont immédiatement “fuité” sur internet et ont été repris dans les médias, souligne-t-il.

Les conversations entre les deux hommes ont été publiées sur un site internet, tronquées, dit l’avocat, qui a déposé plainte.

Source : Reuters